La santé mentale des élèves devient un sujet de préoccupation de plus en plus important au sein des conseils scolaires de l'Ontario. Cette constatation n'est sans doute pas surprenante, sachant que plus d'un élève ontarien sur trois de la 7e à la 12e année déclare vivre une détresse psychologique de modérée ou grave, selon les derniers chiffres publiés dans le cadre du Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l'Ontario (SCDSEO), réalisé en 2016 par le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH en anglais). Le SCDSEO, utilisé dans le suivi des questions de santé mentale des élèves depuis 1977, est la plus ancienne enquête permanente effectuée dans les écoles auprès des adolescents canadiens.

Ces dernières années, les statistiques alarmantes sur la santé mentale des élèves, y compris la prévalence des tentatives de suicide, ont poussé le gouvernement de l'Ontario à fixer des priorités en matière de santé et à soutenir les politiques, programmes et services de prévention en santé mentale qui permettent de venir en aide aux jeunes. Parmi ces initiatives, on retrouve l'Équipe d'appui pour la santé mentale dans les écoles (l'« Équipe d'appui »), équipe de soutien à la mise en œuvre qui s'appuie sur l'initiative Esprit ouvert, esprit sain : Stratégie ontarienne globale de santé mentale et de lutte contre les dépendances du gouvernement de l'Ontario. Elle offre ses services directement aux conseils scolaires en collaborant avec leur équipe de leadership en santé mentale, le plus souvent par l'entremise du surintendant et du responsable en santé mentale, qui sont tous deux responsables de l'élaboration et de la mise en œuvre de la stratégie et du plan d'action connexe de leur conseil scolaire.

Le 26 avril 2017, l'Équipe d'appui a publié son Cadre scolaire en matière de promotion de la vie et de prévention du suicide (le « cadre scolaire »), qui sert à orienter le travail des conseils scolaires dans la prévention du suicide chez les jeunes. Ce cadre énonce des lignes directrices pour créer les conditions nécessaires à la mise en place de pratiques efficaces de promotion de la vie en contexte scolaire. Les conseils scolaires doivent notamment s'assurer qu'ils possèdent des protocoles, des plans de communication, des équipes et des ressources axés directement sur la prévention du suicide.

Par exemple, chaque conseil devrait établir un protocole défini de prévention, d'intervention et de postvention du suicide et veiller à sa compréhension par le personnel et d'autres intervenants clés en milieu scolaire. Le cadre scolaire donne des conseils non seulement sur la création d'équipes de soutien en cas de crise au sein du conseil scolaire et l'appui à leur offrir, mais également sur leur préparation aux pires scénarios, comme les épidémies ou les pactes de suicides. Il souligne également l'importance de clarifier les rôles de chacun à l'école, au sein du conseil scolaire, dans la collectivité, chez les parents et dans les organismes de santé mentale et de santé, afin de mettre en place de bases solides pour prévenir les suicides.

Le cadre scolaire aborde par ailleurs l'obligation de prévoir des mesures de soutien spéciales pour certains groupes d'élèves, comme les personnes qui se définissent comme lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, bispirituelles ou queers, dont un nombre disproportionné a des pensées et des comportements suicidaires. Il présente également les facteurs qui contribuent à cette situation.

Il importe de souligner que le cadre scolaire énumère les stratégies qui, selon les chercheurs, se sont révélées le plus efficaces dans un contexte scolaire, à savoir :

  • des programmes de promotion de la santé mentale qui mettent l'accent sur l'épanouissement et la résilience, en accordant une attention particulière aux compétences telles que la recherche d'aide;
  • une participation active des élèves aux activités de l'école, dans le but d'améliorer leur sentiment d'appartenance et de donner un sens à leur vie;
  • la détection précoce de symptômes dépressifs chez soi et les autres (filets de sécurité efficaces en place);
  • un accès clair aux soins, du début à la fin;
  • des soins ciblés et coordonnés après une hospitalisation ou un passage au service des urgences pour comportement suicidaire.

Les écoles occupent une place stratégique de choix pour agir sur la santé mentale des jeunes. Le contexte scolaire offre en effet aux élèves les meilleures conditions pour acquérir des compétences habilitantes qui leur permettent de résoudre les problèmes, de régler des conflits, de prendre des décisions, d'accroître leur résilience, de demander de l'aide et de gérer le stress. Le cadre scolaire est un outil important qui fournit à point nommé des lignes directrices aux conseils scolaires pour les aider à créer proactivement un milieu sécuritaire et tolérant, mais aussi à mettre en place des mesures d'appui ciblées en santé mentale pour les élèves qui en ont le plus besoin.

Auteure

Maria Gergin 
MGergin@blg.com
416.367.6449

Compétences

Éducation