De nouvelles directives visant à contraindre les voyageurs revenant d'Afrique de l'Ouest (Libéria, Guinée ou Sierra Leone) à se rapporter aux autorités médicales locales à leur retour en sol canadien ont été émises par le gouvernement canadien. Ces directives, en vigueur dès le 11 novembre 2014, prévoient également que les voyageurs doivent surveiller leurs symptômes, notamment en prenant leur température quotidiennement durant les 21 jours suivant le retour.

En tant qu'employeur, comment réagir lorsqu'un employé annonce des plans de voyage en Afrique de l'Ouest, en République démocratique du Congo ou en Ouganda ?

D'abord, il faut savoir qu'aucun cas de contamination au virus Ebola (ou son virus voisin, Marburg, qui sévit notamment en Ouganda) n'a été recensé au Canada à ce jour. Cependant, l'employeur peut prendre des mesures afin de protéger le milieu de travail au retour d'un employé qui a visité une zone touchée.

Puisque la période d'incubation de 21 jours est importante, il est souhaitable de prendre des mesures préventives afin que le salarié ne subisse pas de perte de salaire ni n'épuise une banque de temps durant cette période.

  1. Avant le départ
    • S'informer auprès de l'employé(e) de son itinéraire et de sa date de retour en sol canadien;
    • Remettre à l'employé(e) le guide préparé par l'Organisation mondiale de la santé afin de guider les voyageurs à destination d'un pays touché : http://www.who.int/csr/disease/ebola/infographic/fr/
    • Lorsque les fonctions de l'employé le permettent, conclure une entente de télétravail avec le salarié visant les premiers jours du retour en sol canadien et lui fournir les outils nécessaires à l'accomplissement de ses fonctions;
    • L'aviser qu'à son retour l'employé devra suivre les directives d'auto-surveillance des symptômes pour 21 jours, dont la prise de température quotidienne et obtenir son engagement à cet égard afin que le tout devienne une condition d'accès aux lieux de travail;
    • L'aviser de ne pas se présenter au travail s'il/elle fait de la fièvre ou présente d'autres symptômes (en sus de l'apparition d'une fièvre brutale, des douleurs musculaires, des maux de tête et des maux de gorge, vomissements, diarrhée, éruption cutanée, saignement des gencives, etc.). Pour en savoir plus : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs103/fr/
    • L'aviser qu'il devra quitter en cas de poussée de fièvre subite durant la journée ou en cas d'apparition d'autres symptômes;
    • Aviser l'employé qu'il ne pourra pas accéder aux lieux de travail s'il semble fiévreux, jusqu'à ce qu'un certificat médical atteste de son aptitude.
  2. Au retour
    • Rappeler à l'employé son engagement d'auto-surveillance et l'interdiction d'accès aux lieux de travail en cas de fièvre;
    • Diriger l'employé vers les services de santé en cas de fièvre ou d'apparition des symptômes.
  3. Mesures préventives générales dès maintenant
    • Il est souhaitable de modifier le formulaire de demande de vacances en place dans l'organisation afin que les salariés divulguent leur destination de voyage si elle se trouve en Afrique, favorisant la prise de mesures préventives avant et après le retour.

Si l'organisation dispense des soins de santé ou œuvre auprès de personnes vulnérables ou immunosupprimées, des mesures de précaution additionnelles pourraient être applicables. Voir http://www.who.int/csr/resources/publications/ebola/filovirus_infection_control/fr/.

*Le présent bulletin est préparé d'après les informations disponibles en date du 11 novembre 2014. Surveillez les directives de l'Agence de la santé publique du Canada : http://www.phac-aspc.gc.ca/lab-bio/res/psds-ftss/ebola-fra.php.

Auteure

Katherine Poirier CRHA
KPoirier@blg.com
514.954.3175

Compétences

Travail et emploi
Droit du travail et de l'emploi