C’est bien connu, les Canadiens font confiance aux gens. Or c’est là un trait de caractère qui peut avoir des effets négatifs sur la valeur d’une entreprise, si ses propriétaires ne prennent aucune mesure pour protéger leurs droits en matière de propriété intellectuelle. Dans le cas où l’entreprise fait l’objet d’une acquisition, l’acheteur verra comme un risque potentiel toute propriété intellectuelle non protégée, ce qui signifie que le vendeur peut être forcé à renoncer à de fortes sommes dans le cours de la négociation.

« Les sociétés canadiennes ne sont pas assez dynamiques, par rapport à leurs concurrents étrangers, lorsqu’il s’agit de monter un portefeuille de propriété intellectuelle », déclare Alfred Page, associé au bureau de Toronto de BLG. « Quand je conseille à mes clients qui sont propriétaires d’une entreprise en démarrage de déposer une demande de brevet, ils me répondent qu’ils le feront, mais qu’ils ne courent pas beaucoup de risques d’être copiés. »

Une grande partie du problème est imputable au manque de fonds. En matière de propriété intellectuelle, les entreprises en démarrage regimbent à l’idée d’investir des fonds importants dans la protection de leurs droits. Selon l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement, un plus grand nombre d’entreprises en démarrage au Canada se faisaient concurrence pour des sommes inférieures entre avril et juin 2011. Ainsi, 328 millions de dollars ont été investis dans 134 sociétés, ce qui représente une baisse de 2  pour cent par rapport aux 335 millions de dollars investis dans 119 sociétés au cours de la même période en 2010, selon l’organisme.

Selon Me Page, en fournissant davantage de fonds aux entreprises en démarrage canadiennes, on comblerait quelque peu l’écart qui existe entre le Canada et les autres pays. Sinon, on continuera de voir de plus en plus de « contrats de travail à long terme » et moins d’offres d’acquisition véritables.