L'Alberta est la plus récente province à devenir une « administration non participante » (opt-out) à l'égard des recours collectifs. En effet, la législation remaniée autorise tout demandeur admissible à participer à un recours collectif à moins qu'il se retire de l'instance ou qu'il refuse officiellement de présenter une réclamation en vue d'un règlement.

Toutefois, les avocats n'estiment pas que les nouvelles règles provinciales, qui pourraient entrer en vigueur au début de 2011, feront de l'Alberta la compétence privilégiée des demandeurs qui intentent un recours collectif à l'échelle nationale.

La Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario, le Québec et la Nouvelle-Écosse ont toutes adopté des régimes de recours collectifs permettant aux demandeurs de se retirer de la poursuite s'ils le souhaitent. Toutefois, la Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nouveau-Brunswick ont mis en place des régimes d'adhésion (opt-in), c'est-à-dire que les demandeurs sont tenus de prendre les mesures nécessaires pour participer au recours collectif.

Barry Glaspell, associé au bureau de Toronto de Borden Ladner Gervais S.E.N.C.R.L., S.R.L., affirme que toutes les provinces doivent harmoniser leurs régimes en vue de faciliter la défense d'un recours collectif à l'échelle nationale. Il fait remarquer que la législation de l'Alberta exige des avocats des demandeurs qu'ils avisent les avocats des autres provinces qui déposent des recours collectifs analogues, dans une perspective nationale, et que la question pourrait être tranchée par une compétence plus populeuse.

« De plus en plus, au Canada, la tendance va vers la présentation d'un recours collectif à l'échelle nationale, particulièrement lorsqu'il s'agit d'une perte purement économique ou d'un cas de préjudice personnel. Les provinces devraient s'efforcer d'harmoniser leur législation sur les recours collectifs en vue d'éviter les conflits, notamment en ce qui a trait à la décision qui serait rendue, et de s'épargner, en dernière analyse, des coûts supérieurs », ajoute-t-il.

Il conseille également à chaque province de maintenir un registre officiel des recours collectifs, qui s'ajoutera à la Base de données nationale sur les recours collectifs de l'Association du Barreau canadien.