À la lumière des événements récents, il est clair que l'activisme chez les actionnaires ne se limite plus aux fusions et acquisitions. La nouvelle dynamique permet dorénavant aux actionnaires minoritaires d'établir la liste des priorités pour un certain nombre de sociétés. Dans ce contexte, où les investisseurs institutionnels, qui soutenaient traditionnellement la direction, appuient – de manière vigoureuse ou discrète – l'activisme chez les actionnaires, il faut plus que jamais que les sociétés soient proactives et expliquent clairement les raisons pour lesquelles une transaction ou une prise de position est souhaitable. « Il importe que les conseils d'administration communiquent en tout temps avec les actionnaires et tiennent compte du point de vue des activistes et de la direction », déclare Alfred Page, chef national du groupe de pratique Valeurs mobilières et marchés financiers de Borden Ladner Gervais S.E.N.C.R.L., S.R.L. « Le travail du conseil, c'est de prendre la bonne décision sans favoriser une partie au détriment d'une autre. » En communiquant ouvertement avec les actionnaires, et dès le départ, les conseils d'administration ne seront peut-être pas pris de court, face à l'opposition ultérieure des investisseurs. Mais il ne faut pas se préoccuper uniquement des grands actionnaires institutionnels. « Un conseil d'administration éclairé n'oublie jamais que même les gens qui détiennent peu d'actions peuvent soulever d'importantes questions », rappelle Me Page. « Les sociétés commencent à saisir que ce qui compte, c'est l'idée elle-même, et non sa provenance. » Il est essentiel, également, de mettre en place un processus transparent au chapitre de la prise de décision. Comme l'explique Me Page, « Les conseils doivent être prêts à décrire clairement leurs processus et à voir à ce que les mesures qu'ils adoptent sont véritablement impartiales. L'époque où le bref procès-verbal d'une société ne contenait que des résolutions et des décisions est bel et bien révolue. »