Au Canada, les établissements qui offrent des services financiers sont de plus en plus enclins à offrir des produits d'investissement islamiques en vue de répondre à la demande croissante en la matière. Les principes de la Charia, qui régissent tous les aspects de la vie musulmane, interdisent diverses pratiques traditionnelles comme la facturation d'intérêts, la poursuite de transactions spéculatives et le placement dans des secteurs comme l'alcool, le jeu et les services financiers.

« Au Canada, nous comptons une collectivité islamique bien en vue; elle est de plus en plus aisée sur le plan financier et semble s'intéresser aux principes financiers islamiques », déclare Jeffrey Graham, associé du groupe Droit des sociétés et droit commercial, au bureau de Toronto de Borden Ladner Gervais S.E.N.C.R.L., S.R.L.

Malgré la croissance du marché et l'importance de la demande, les tentatives antérieures visant à offrir des produits d'investissement islamiques n'ont pas connu de succès en raison de certaines incertitudes en matière de réglementation et d'imposition, et d'une ignorance générale à l'égard de ce type de question. Cependant, des progrès récents ont été réalisés, qui aident à aplanir les difficultés. Ainsi, en janvier dernier, une étude mandatée par la Société canadienne d'hypothèques et de logement a conclu que les produits financiers islamiques pouvaient être offerts en vertu des règles comptables et des dispositions législatives du Canada. Toutefois, de nombreux conseillers juridiques affirment que les instances de réglementation doivent préciser davantage les normes à appliquer.

« J'estime qu'il est clair que le système canadien doit être modifié de façon à accommoder véritablement les exigences islamiques en matière de finances, affirme Me Graham. Il y a certainement des obstacles et des limites dans ce domaine. »