Depuis au moins un an, le Bureau de la concurrence déclare que les cas d'abus de position dominante sont l'une de ses principales priorités. Récemment, l'organisme a adopté une stratégie à la fois ambitieuse et musclée en refusant de reconnaître les règles «anticoncurrentielles » qu'impose l'Association canadienne de l'immeuble (ACI) aux agents et aux consommateurs qui inscrivent une propriété dans le système Service inter-agences (S.I.A.).

Sur le site Web du Bureau, on peut lire : «  Il y a abus de position dominante lorsqu'une entreprise ou un groupe d'entreprises qui dominent un marché adoptent un comportement visant à éliminer ou à mettre au pas un concurrent ou encore à dissuader de nouveaux concurrents d'entrer dans un marché. Quand un tel comportement a pour effet d'empêcher ou de diminuer sensiblement la concurrence, le Bureau de la concurrence peut rendre une ordonnance corrective. »

Et les tactiques robustes auxquelles on a recours auront vraisemblablement des conséquences sur les entreprises canadiennes.

« Les entreprises dominantes examineront de plus près les contrats d'exclusivité qu'elles ont signés et les sociétés intégrées verticalement adopteront une démarche davantage analytique lorsqu'elles songent à faire augmenter injustement les coûts imposés à leurs concurrents », affirme Eric Dufour, associé du groupe Droit de la concurrence et du marketing, au bureau de Toronto de Borden Ladner Gervais S.E.N.C.R.L., S.R.L.

« Au cours des 18 mois qui viennent de s'écouler, j'ai présenté plus de programmes de conformité sur l'abus de position dominante que je ne l'ai fait en 10 ans d'exercice », commente Me Dufour.